Amethyste et violet, duo de l'ange noir.

Amethyste et violet, duo de l'ange noir.

# Posté le samedi 07 novembre 2009 14:00

Un été de plus est passé. Une année bientôt. Puisque tu toucheras la vingtaine d'ici peu. Et quoi ? Nothing more to say. Mais tu continues d'écrire, pour toi, pour les autres, pour ne pas oublier qu'un jour tu as aimé. Aimer ? Comment fait-on ? Avec quelle couleur, quelle odeur ? Faut-il avoir certains outils pour cela ? Faut-il savoir donner, et pouvons-nous reprendre ce coeur qui semble si loin maintenant ? Et pourtant cet été, les nuits n'ont pas toutes été les mêmes. Il y a eu celles où ton corps frémissait de désir, et les autres où seule dans le noir tu cherchais un mur à étreindre. Les nuits dans ses bras, à compter les étoiles, et les autres où la lune te jouait sans cesse le même tour, te préférait les nuages et t'abandonnait à l'ombre. Un été de plus, une majuscule de plus, un bout de coeur qu'on laisse dans un coin en espérant qu'il le ramassera, mais il était déjà parti si loin de toi. Estonie, un goût amer dans la bouche, sous la langue et bien plus profondément encore. He's gone. So go on. Un été de plus. Les regards de travers, les plages que l'on déserte, le goût du chlore et l'envie de ne jamais toucher la fin. Cette dernière est inéluctable, et la vie semble vouloir te le rappeler une fois de plus. Histoire que tu apprennes par coeur la leçon. Peut-être même pour te dégoûter pour que tu ne veuilles plus jamais recommencer. Parce que ça doit se finir un jour, et dans ton monde c'est toujours un jour trop tôt. Alors quoi ? On fait demi-tour et on déchire les pages où s'écrivait amour. Histoire d'oublier, de ne pas se souvenir, de ne pas avoir mal, de ne pas manquer de lui, d'eux, de tous ceux qui sont partis les uns après les autres. On déchire les pages une à une, et on les brûle, toutes, sans exception. Comme si les souvenirs pouvaient y périr eux aussi. Oui, un été où l'on apprend que le passé ne se consume jamais, qu'il n'est pas seulement de virgules et de points, mais qu'il subsiste dans chaque parcelle de nos âmes, nous invite à des jours clos, à des danses solitaires. Oui au fond, tu le sais depuis le début, le passé est cet assassin qui te traque, recruté par les soins des autres, le passé te tuera. Alors peut-être vaut-il mieux arrêter de recommencer. Et s'enfermer.

En ermitage.

# Posté le dimanche 13 septembre 2009 10:41

Prisonnière sans barreaux.

On passe sa vie à attendre que quelqu'un nous attende. Et puis un jour, on se rend compte de notre naïveté, parce que oui, jamais plus je n'aurais la première place, jamais plus tu ne m'appelleras en pleine nuit parce que tu as mal au coeur. Maintenant si tu penses à moi, c'est seulement quand l'alcool coule à flot, et toi, tu me gardes une heure de temps en temps, pour les souvenirs, et pour ces promesses qu'on s'était faites. Mais aujourd'hui je suis tombée du navire et vous ne cherchez même pas à faire demi-tour, de peur qu'à votre tour vous vous laissiez happer par cette démesure. Je suis cette prisonnière et où que j'aille vos barreaux me retiennent, comme une ancre indélébile, et pour encrier cette mare de larmes qui ne coulent plus. Trop de choses nous séparent. Des soirées où les invitations ne se multiplient pas aux retrouvailles que vous vous étiez jurées de fuir. Je reste celle qu'on ne pardonnera jamais. Je reste cette fille à qui l'on offre tous les torts, et certains soirs je succombe de vos propres blessures. Puisqu'avec vous j'ai appris à ne plus y croire. C'est du grand n'importe quoi, n'est-ce pas ? Mais que dire aux enfants de soldats ? Mais qu'avouer à ceux sous la pluie ? Mais. Je suis prisonnière de vos errances, vous changez sans cesse de chemin et dès lors que vous choisissez cette route où les armes me pointent, je ne peux plus vous suivre. Je vous abandonne à vos choix. Parce que tu sais si bien que choisir c'est renoncer. Il fait nuit, nous ne souffrons plus les mêmes hivers. J'ai à l'âme tous ces rêves à deux places que vous avez déserté. J'ai froid, il n'y a plus d'espoir, on ne peut plus y croire, et il faut se taire pour sauvegarder ce qu'il reste d'amour, d'amitié, et il faut battre le fer sans le faire. Les contradictions nous délogent quelques balles arrivées en pleine carotide. Dernier souffle avant la fugue. Comment pourrais-je rester alors que désormais vos mains se tendent vers ceux qui m'ont craché dessus ? J'avais trouvé en vous des alliés, mais la guerre se fout de nos alliances et rassemble trop souvent ceux qui s'haine. Puisque plus personne ne s'aime comme il faut. Alors je cours, j'allumerai une dernière fois un sourire à nos souvenirs, avant de partir, avant de quitter ces journées d'usure où déception semble devenir trahison. Et il n'y a pas pire que cette dernière, lorsqu'on se croyait compris, alors que je ne suis que trompée. Rendons les armes.
Prisonnière sans barreaux.

# Posté le lundi 15 juin 2009 18:07